dimanche, août 13, 2006

À fleur de déjection

quelques rues, quelques haines, l’ombre
pour s’y blottir enfin
des regards méfiants, l’anxiété souterraine
une maison sans murs une chapelle sans foi
pour toute la lèpre de l’esprit
et que glapissent les envies

la nuit traversée de lumières comme zébrée de crimes
halos suspicieux qui hantent l’obscurité
c’est à leur lueur qu’on erre vers l’infamie
c’est à leur gloire qu’on s’engouffre dans l’oubli

lorsqu’en de pisseux couloirs, à fleur de déjection
la chair se lâche à en mourir, l’âme rendue
par la gorge par le sexe, en liquide biliaire
lorsqu’en des ruelles poisseuses affleure l’addiction
le dard se tend à en goutter, l’âme vendue
aux membres à la bouche, en liquide amer
lorsqu’en des nuits galeuses, avec force vexations
les besoins se tiennent et le marché se fait
c’est pour le fruit pourri que l’appétit s’excite, c’est
notre cœur pour nos démons qui a l’infini crépite

là où les désirs claquent, où les genoux se traînent

carrosses de misère bariolés dans les dépotoirs tagués
la petite folie ordinaire, les camelotes en tout genre
à contre-sens, vermine, les déviances en alerte
à la casse où les sexes se transmettent leur perte

révélés virus, les atomes d’amour
livrés à eux-mêmes

voici donc les rats, la honte en offrande
les nuits dans lesquelles j’habite, foutu
comme le reste, la gangrène faite viande
voici donc la gerbe de la nation, la puante
libation, ce que le christ ne touche
les sarclures d’espoir avinées
les lies parmi lesquelles je couche