samedi, avril 22, 2006
Il faudrait avoir le courage de se reprendre en main, d'écrire avec son corps, d'évoquer ses humeurs, de ne jamais rien laisser dans l'ombre avec le risque d'être incompris ou sur-compris. Présentez-vous, en entier, sinon passez votre chemin ou évoquez les affaires du monde ; quant à nous, les informations ne font pas partie de notre projet d'émettre, on sauvergarde, c'est tout. Photocopies d'humeurs, grattage, espoir de trouver du "vrai" derrière les accumulations d'images qui vous on été déjà faits du mal.
Guérir, dit-il
Des pensées ineptes qui n'en pouvaient plus d'être bloquées dedans ont décidé de signaler à la surface de la peau. Pensées-plaies à la recherche d'un pansement.
Dialogue futur
- Je vous aime ainsi .
- Vous n'êtes pas très regardante. Votre indulgence me touche, vous pourriez faire partie de mes solutions.
- Je vous aimerai pour ça, et uniquement pour ça.
Dialogue futur
- Je vous aime ainsi .
- Vous n'êtes pas très regardante. Votre indulgence me touche, vous pourriez faire partie de mes solutions.
- Je vous aimerai pour ça, et uniquement pour ça.
après-coup
Exposition immédiate de qui ne s'adresse à personne et qui ne vient de nulle part.
(Images blanches d'un dialogue entre des fantômes. Il ne reste que des vêtements et dans les manches, de l'air.)
(Images blanches d'un dialogue entre des fantômes. Il ne reste que des vêtements et dans les manches, de l'air.)
après-cul
Il faudrait trouver l'origine de ce qui a qui a brisé le semblant d'un lien qui ne fut jamais qu'une bribe d'amour (failli écrire bride, sorry)
mardi, avril 18, 2006
Sartre fait-il toujours autorité?
Imaginez-vous un adolescent, à sa fenêtre d’abord, observant les toits de Notre-Dame, le zoom de la caméra plongeant sur ceux-ci en même temps que par un vieil effet de recul par un traveling, ces toits prennent de la profondeur de champ. Peu original, après Vertigo. Qu’à cela ne tienne ! Ce jeune homme, Lorant Deutsch, collez-lui une étiquette sur le front pour vous rappeler, comme la légende d’une photo douteuse, qu’il s’agit de Jean-Paul Sartre. Tenez-le vous pour dit ! Ajoutez immédiatement un solo de guitare virtuose à la Joe Satriani, et essayez en même temps de penser très fort au début des années 30. Vous n’y arrivez pas ? Vous n’êtes pas angoissé ? Tout à coup, comme ce solo continue de rugir, voyez notre jouvenceau pourtant plus que trentenaire, toujours avec son auto-collant « Sartre » sur la gueule (cheveux gras, petites lunettes d’ultra-myope),
courant jalousement après une ravissante Simone de Beauvoir. Dites-vous que Simone est bien belle, en Anna Mouglalis ! En temps normal ce n’est pas si facile à accepter, mais à côté de ce qu’on vient d’essayer de vous faire avaler, ce n’est même pas un embryon de couleuvre !).L’étiquette Sartre court jalousement après Simone parce que celle-ci s’envoie en l’air régulièrement une de ses élèves, et pas lui. Tout déconne complètement, croyez-vous ! Pourtant ça n’a pas encore radicalement disjoncté. Notre éternel puceau regarde en bon fétichiste les chaussures de Simone. Horreur ! Celles-ci se transforment d’un coup en géantes blattes digitales turquoises. C’est la nausée qui le prend, et les bébêtes sont comme la profusion figurative d’une parole injonctive et incompréhensible du vagin de Simone, ventriloque. Les bestioles de synthèse envahissent de partout l’écran, laissant péniblement entrevoir encore le regard éperdu de notre puceau, comme jeté soudainement dans l’univers de Starship troopers. L’écran entier est maintenant un dessin animé aux couleurs psychédéliques. « De quoi avez-vous peur, Sartre ? » lui demande de sa grave voix masculine la ravissante Simone, comme pour rappeler à Lorant l’auto-collant qu’il a sur la gueule, et pour taire d’une voix humaine le monologue indéfinissable qu’interprète le vagin insondable dans l’esprit du jouvenceau. Nausée !
Avez-vous rêvé ? Et pourtant je me rappelle. J’avais allumé ma télé samedi vers 21h… quelque chose comme ça. Un peu plus tôt je crois, mais en suis-je bien sûr ? Un curieux dialogue alors… entre L. Deutsch, feignant d’avoir préalablement répandu sa semence, et un de ces « amours contingents de Jean-Paul Sartre», une jolie rouquine nue à côté de lui, jouant les hystériques jalouses de la place de choix qu’accordait le petit homme capricieux au castor. Je suis incapable de croire une seconde à la situation.

Elle : « Jure-moi que tu vas quitter cette vieille peau ! Jure-le !
Lui, espiègle et rassurant: - Mais je te l’ai déjà juré.
Elle, presque en larmes : Oui, mais ce n’est pas assez ! Jure-le encore ! Jure-le sur Heidegger ! »
Je crois me souvenir maintenant. Ce fameux téléfilm sur Sartre et Beauvoir dont j’avais entendu parler peu avant : Les amants du flore, d’Elie Duran Cohen. Specialiste de la Confusion des genres. Je repense à Christian Clavier en Napoléon. Je prends mon pouls. J’entends comme en refrain la voix de Jean-Claude dans les Valseuses. Pas de doute. On est bien en France. Il y a là en ce moment un peu de nausée, il est vrai… non d’angoisse.
lundi, avril 17, 2006
Egarements
"Synthetic Blends" - SIXTEENS. La musique vibre autour de moi.
Quand donc vont-ils le sortir, ce putain d'album ? Je n'ai besoin de rien d'autre en ce moment. Cette musique qui vous tire par le bas, vous déchire l'âme, vous donne envie de prendre une hache, de sortir dans la nuit et de tailler en pièces tout ce qui vous tombe sous la main, homme ou bête, arbre ou voiture. Mettre le feu est vulgaire. C'est annihiler qui est bon.
Cette sensation que je n'aurais pas compris ce qu'est la vie tant que je n'aurais tué personne de mes propres mains.
Ce bourdonnement incessant autour de moi, par dessus la musique, par delà la musique, de ces chairs féminines aux têtes folles, de leurs trips minables dont elles parlent comme des junkies illuminés. Elles sont toutes folles, folles à lier. Pas une pour rattraper l'autre. Ai-je envie ce soir de tuer quelqu'un pour exorciser leur présence oppressante ou juste pour me mettre à leur diapason ?
Mouches à merde, limaces baveuses. Elles ne me veulent que pour se raccrocher, planter leurs ongles acérés dans ma chair pour éviter de tomber dans les fosses qu'elles se sont creusées elles-mêmes. Pourquoi se ressemblent-elles toutes autant ? Pourquoi ne les intéressé-je que parce qu'elles sont chancelantes ? Me regarderaient-elles seulement si elles allaient bien dans leurs têtes ?
Est-ce que l'envie profonde que la femme qui partage ma vie n'ait jamais existé est une raison valable pour une rupture ?
Vais-je trouver ce courage ordinaire si peu accessible à mon besoin de rigueur et de cohérence ? Ce courage de dire : "Va-t-en loin de moi !" sans explications, sans justifications, sans me demander comment elle réagira, quelle connerie suicidaire pourrait-elle commettre en guise de réaction ?
L'indifférence, bon sang, l'indifférence... Voilà le truc, voilà la quête de toute une vie. Désapprendre l'humanisme de base, les règles sociales primaire. Ne vivre que pour soi au mépris de tous et surtout de toutes.
Ne plus prendre de gants. Qui en a pris avec moi, jusqu'à maintenant ?
Les femmes sont mon cancer. Leurs vagins sont ma pourriture. Leurs seins sont mes excréments. La douceur de leur peau est un vomi sans cesse régurgité. Après tout, y'a-t-il réellement quelque chose d'autre qui me séduise ? Y'a-t-il un intérêt pour leur âme qui soit autre chose qu'une convention proprette ?
Le dire est facile, sans risques et soulage un moment. Et alors ?
Et alors ?
Est-ce que ça m'empêchera de crever par manque de solitude ?
Comme un chien dans un chenil surpeuplé ?
Comme toi dans ton métro de 17h45 ?
Vénus possède une pesanteur 140 fois supérieure à celle de la Terre. Elle baigne dans un nuage vaporeux de gaz carbonique ou autre saloperie irrespirable - pas envie de vérifier à cette heure-ci, et pour ce que ça change. Elle est trop chaude la journée, trop froide la nuit. Aucune vie ne peut s'y développer. Et ça vous étonne qu'on l'ait baptisé du nom de la Déesse de l'Amour, représentante de toutes les femmes ?
Je voudrais partir sur une île déserte.
Mais en 2006, il n'y a plus d'île déserte.
Quand donc vont-ils le sortir, ce putain d'album ? Je n'ai besoin de rien d'autre en ce moment. Cette musique qui vous tire par le bas, vous déchire l'âme, vous donne envie de prendre une hache, de sortir dans la nuit et de tailler en pièces tout ce qui vous tombe sous la main, homme ou bête, arbre ou voiture. Mettre le feu est vulgaire. C'est annihiler qui est bon.
Cette sensation que je n'aurais pas compris ce qu'est la vie tant que je n'aurais tué personne de mes propres mains.
Ce bourdonnement incessant autour de moi, par dessus la musique, par delà la musique, de ces chairs féminines aux têtes folles, de leurs trips minables dont elles parlent comme des junkies illuminés. Elles sont toutes folles, folles à lier. Pas une pour rattraper l'autre. Ai-je envie ce soir de tuer quelqu'un pour exorciser leur présence oppressante ou juste pour me mettre à leur diapason ?
Mouches à merde, limaces baveuses. Elles ne me veulent que pour se raccrocher, planter leurs ongles acérés dans ma chair pour éviter de tomber dans les fosses qu'elles se sont creusées elles-mêmes. Pourquoi se ressemblent-elles toutes autant ? Pourquoi ne les intéressé-je que parce qu'elles sont chancelantes ? Me regarderaient-elles seulement si elles allaient bien dans leurs têtes ?
Est-ce que l'envie profonde que la femme qui partage ma vie n'ait jamais existé est une raison valable pour une rupture ?
Vais-je trouver ce courage ordinaire si peu accessible à mon besoin de rigueur et de cohérence ? Ce courage de dire : "Va-t-en loin de moi !" sans explications, sans justifications, sans me demander comment elle réagira, quelle connerie suicidaire pourrait-elle commettre en guise de réaction ?
L'indifférence, bon sang, l'indifférence... Voilà le truc, voilà la quête de toute une vie. Désapprendre l'humanisme de base, les règles sociales primaire. Ne vivre que pour soi au mépris de tous et surtout de toutes.
Ne plus prendre de gants. Qui en a pris avec moi, jusqu'à maintenant ?
Les femmes sont mon cancer. Leurs vagins sont ma pourriture. Leurs seins sont mes excréments. La douceur de leur peau est un vomi sans cesse régurgité. Après tout, y'a-t-il réellement quelque chose d'autre qui me séduise ? Y'a-t-il un intérêt pour leur âme qui soit autre chose qu'une convention proprette ?
Le dire est facile, sans risques et soulage un moment. Et alors ?
Et alors ?
Est-ce que ça m'empêchera de crever par manque de solitude ?
Comme un chien dans un chenil surpeuplé ?
Comme toi dans ton métro de 17h45 ?
Vénus possède une pesanteur 140 fois supérieure à celle de la Terre. Elle baigne dans un nuage vaporeux de gaz carbonique ou autre saloperie irrespirable - pas envie de vérifier à cette heure-ci, et pour ce que ça change. Elle est trop chaude la journée, trop froide la nuit. Aucune vie ne peut s'y développer. Et ça vous étonne qu'on l'ait baptisé du nom de la Déesse de l'Amour, représentante de toutes les femmes ?
Je voudrais partir sur une île déserte.
Mais en 2006, il n'y a plus d'île déserte.
