vendredi, mai 05, 2006

Bien reçu

Je ne suis pas sûre, moi j’aimais bien après l’image, je t’appelle bientôt.

Je suis loin des montagnes, et je suis avec une amie, je te rappelle ce soir.

Si tu veux, on peut déjeuner chez moi demain.

Perfecto.

Pas d’audace à cette heure. T’es pas un peu direct là ?

Eh bien demain si tu veux.

Merci Amaury, see you.

Si tu ne dors pas, je cherche une voix, appelle sur mon fix.

Rendez-vous à 20h42 au métro Saint-Paul.

Merci d’avoir répondu au musée S et M .

Je ne pourrais pas venir demain soir, suis déjà prise, mais bon anniversaire.

Bon anniversaire mon ami !

Yappi beursdé mon ami…

Bon anniversaire, vieux trentenaire !

En fait, j’ai un petit imprévu, pas possible ce soir. Mais revoyons-nous bientôt. Passe une belle soirée.

Bonn anniv… La fête bat encore son plein ou c’est fini ?

Je viens juste de terminer ma journée de travail qui a commencé à 8h. Je recommence demain à 8h et franchement, je n’ai pas la force de vous rejoindre. J’espère que tu comprendras. Je t’embrasse.

Merci gondac chéri ! En fait il est pas mal x !!!

Moi aussi, ça m’a fait plaisir.

Je ne sais pas, tu m’as dit de ne pas l’appeler.

Oui mais sans faute.

Pas de problème, mon ami ! Profite bien de la Bretagne.

Très bien ! Tu l’as envoyé déjà ?

Oui ! Vraiment ! et tu me renvoies le tel de C. perdu ou effacé par mégarde.
Bah, je serai là, pas las…

Des nouvelles ?

J’attends des nouvelles, monsieur.

Numéro de C. please pour une réconciliation.

Tu pourrais répondre, cher effronté.

Je suis désolée pour tout à l’heure, à demain j’espère que tu ne m’en veux pas, des bises à vous deux.

Merci amigo chéri

Ecoute moi aussi. Mais je suis sur une ligne droite. Mieux vaut. Je t’embrasse.

Mon homme est parti, d’habitude, c’est moi qui part, alors ça fait bizarre.

Merci… Dis-moi, peux-tu me donner ton nom, ton livre m’intéresse.

Oui, sympathique ! Bonne soirée…à bientôt

Je bosse nuit et jour depuis un moins. Je n’ai commencé Pantalon qu’hier. Comment va Mr Lettres ?

Tu viens quand ?

Je prospecte mais les prix sont exorbitants ou alors c’est complet depuis plusieurs mois. Kee seeking.

Bonsoir, j’ai un empêchement pour dimanche, je t’appelle en début de semaine prochaine pour qu’on fixe un rendez-vous. Désolée, à très vite.

Au fait, si demain, tu es chez le petit nicolas, viens plutôt chez moi manger, c’est à côté.

Forse ma devo studiare, allora non troppo lungo !

Désolée, je bosse sur un film en ce moment. Te rappelle ce w.e.

Redonne-moi ton adresse stp.

Tout va très bien, pars à Damas samedi pour une dizaine de jours.

Wow hi, great hearing from u. Berlin is good, so am I. Going ti Israel for 2 weeks.
How are you doing ?

Je rentre de suisse demain. On prend un verre la semaine prochaine ?

Désolée de ne pas t’avoir répondu, je bosse dans un restaurant, on s’appelle la semaine prochaine.

Je pars dans dix minutes, ça va ?

Je trouve qu’il n’y a pas assez d’heure pendant la journée pour tout ce que j’ai envie de faire. Et toi, ça va ?

Amaury, c’était vraiment bien, merci encore, je t’embrasse.

Tu le sais pas, mais je travaille jour et nuit. C’est une ligne droite difficile pour moi. Je ne suis même sûre d’être dans mon travail tant les soucis matériels me submergent. Alors viens voir une répétition si tu veux voir où je mets la légèreté. Demain ou dimanche. Je t’embrasse.

Je suis revenue, mais tu es parti.

C’est gentil. J’étais surtout très fatiguée.

Ta conférence s’est bien passée vendredi ?

Tu veux venir voir un film ?

Je viens seulement de voir ton message. Merci beaucoup de tes précieux conseils. À bientôt. Bises.

Super !

Si tu veux prendre un petit verre dans un bar sur la butte…

Que fais-tu à la campagne ? Ps : J’ai aimé ta photo.

T’es où ?

Comment s’est passée la journée ?

Je suis libre de 17h à 19h, sinon on se voit vendredi.

Où ça ? Qui ? Quoi ? Appelle sur mon fixe.

Dommage, moi, je suis au restaurant, je t’aurais bien rejoint, mais je pense arriver tard… Tu es seul ?

Je t’appelle demain frère.

Ciao, se voit-on toujours ce soir ? Baccio.

Merci !

Félicitations vous avez utilisé les 3 euros qui vous étaient offerts ce mois-ci !

Extraction

Bien souvent les têtes engoncées dans des principes (qui ne se discutent pas) et qui manifestent un désir déprimant de contrôle, eh bien, je les fuis ; je me moque d’eux en me réfugiant dans une conception flottante de l’existence qui s’infuse (ou pas) dans mon travail, et je revendique, sur un ton faussement naïf le droit à l’écart, à la perte, je dis que je ne sais pas où je vais, que les limites entre mon travail et ma vie bougent tout le temps, et que fondamentalement, je suis à l’aise dans l’incertitude, mais je sais bien qu’aujourd’hui cette attitude est facilement attaquable au nom du grand cynisme désenchanteur. En lui expliquant tout ça maladroitement, je devine que nous sommes à l’opposé l’un de l’autre et que cette différence a toutes les chances de nous faire devenir des ennemis ou des êtres indifférents.

ce que je reçois (avril 2006)

C’est sans doute par volonté de profondeur de ta part mais rien n’empêche d’être nous mêmes, un peu drôles, je t’embrasse

Machin des mains malins. Bonne nuit.

Et ma non délicatesse s’en veut. J’ai bien dormi près de toi aussi. T’embrasse.

Il paraît qu’il y a une photo de toi dans métro

Quand veux-tu récupérer tes affaires ?

On déjeune ensemble ?

Mais j’aspire à la sagesse : j’ai d’ailleurs annulé mon rendez-vous avec Filippa

Je n’ai pas osé non plus.

Tu passes à la folie ?

Bonsoir Amaury, message d’annulation bien reçu.

J’aurais bien aimé avoir ton avis sur la dernière maquette, pourrais-tu me rappeler quand tu as 5 minutes ?

Ça marche, tu passes vers 18h30 ?

Merci ! C’était bon de te voir et de dévorer

Tu es vraiment une crème de riolay.

O LIT AMAURY

Console-toi, je suis très désagréable paraît-il aujourd’hui. Mais on se voit à mon retour lundi. Je t’embrasse

Il n’y avait d’ironie dans la consolation. A bientôt

Mais non, je suis une plante un peu genre mauvaise herbe. Moi aussi, je t’embrasse gentiment.

Je dois ramener mon cousin à pont de sèvres. On se voit après ?

Rentrerai soon, je vais lire.

C’est horrible, j’ai rêvé que tu voulais que je couche avec J.P. juste pour te faire rire !

Bonsoir amaury, merci pour l’info, elle a conforté ma lecture d’un matin dans le métro, je l’ai commandé aujourd’hui, pourvu qu’il arrive vite !

Bravo pour la sortie de ton livre

C’était quoi le groupe de nanas que tu m’avais fait écouté ?

Ne pas attendre. Tu dois avoir raison. Je prendrais le temps, moi, de penser à toi. Te souhaite tout du mieux. Je t’embrasse fort.

Pax…recul…dommage.

Le soleil est pourtant là. Problèmes de cœur ?

Coolax !

Je viens de lire ton interview que je trouve, en effet, très bonne. J’attaque « après l’image » à l’instant. Sinon, moi aussi, j’ai été très contente de te voir.

Bien sûr

En scooter, te t’appelle quand j’arrive.

mercredi, mai 03, 2006

Aux Etats-Unis, l'impuissance n'empêche plus de jouir! Stephen Colbert et George W. Bush.


Imaginez-vous Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy, obligé d'assister durant vingt minutes, muet, pris de cours, sans aide d'un conseiller en communication, à la télévision aux sarcasmes des Guignols ou d'un Stéphane Guillon... C'est à peu près ce qui arrivé à George W. Bush il y a quelques jours lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche.
Stephen Colbert, du Daily Show, l'a soigneusement ridiculisé, arrosé de vannes, avec une impertinence que beaucoup jugent salutaire, sur l'ensemble des sujets controversés de sa politique depuis cinq ans. Les vingt minutes ont été si cinglantes qu'elles ont immédiatement fait le tour de la télévision et de la blogosphère américaine. Je vous conseille de passer
ici, ici et , pour avoir une idée un peu de l'événement aux Etats-Unis. Clémentine a aussi relayé la chose sur son blog. Si vous comprenez bien l'anglais, vous pouvez en trouver la retransmission ici.
Ce qu'il y a de jouissif, c'est peut-être moins le sketch en lui-même, bien que fort drôle, que le fait que pour une fois, Bush, sans doute le président américain le moins enclin à écouter et réfléchir à la moindre critique, et l'homme disposant de l'éxécutif le plus fort que les Etats-Unis aient conu depuis Roosevelt, n'ait pas eu d'autre choix ici que d'écouter en silence, manifestement interloqué, mal à l'aise, exaspéré. Il y a un peu de ressentiment dans cette jouissance... Qu'importe en fait?! Ce ressentiment est d'abord lié à l'impuissance actuelle de l'ensemble des institutions censées jouer le rôle d'un contrepoids critique et est une réaction face à l'intransigeance dogmatique, inefficace et mal avisée d'un pouvoir politique cloisonné - sans autre contre-pouvoir que le basculement - aujourd'hui - de l'opinion et, enfin, de la presse américaine. Le plaisir ici, c'est que tout à coup, de manière imprévue, le regard critique profite d'une brèche dans la mise en scène du pouvoir, et triomphe momentanément de l'arrogance de ce pouvoir exorbitant, avec une géniale ironie. C'est en quelque sorte l'effet d'une pillule de viagra pour un impotent. Mais ce dernier aurait-il tort pour autant de jouir de son organce un temps rétabli dans ses fonctions, si on lui offrait le précieux comprimé? On n'a malheureusement pas toujours mieux à offrir à la critique face au pouvoir pour se réaffirmer. Quoi qu'en France, la situation soit un peu différente: on a à la fois besoin de gaver la critique et le pouvoir d'une nouvelle variété de Viagra, que nous appellerions, si Eric Zemmour était angliciste, un "balls-and-brain-booster"... Enjoy!

PS: Les anti-Bush aux Etats-Unis se délectent de plus en plus d'animations de leur président leur permettant de martyriser son corps et d'extérioriser un peu du ressentiment que la politique de leur administration exacerbe. Si vous aussi vous éprouvez de temps à autre le besoin de vous soulager un peu du châtrage que peut produire un exercice intransigeant du pouvoir, allez faire mumuse avec le pantin flaccide du phallocrate W. dans sa chute éternelle. Assez de théologie et de psychanalyse pour aujourd'hui. Place au défoulement... E
njoy!

mardi, mai 02, 2006

Deux petites annonces...



Pour ceux que cela intéresserait, voici deux petites annonces bien différentes que m'ont fait passer des amis:

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Sylvie Allouche & Anne Mattatia
vous invitent à inaugurer l'été en musique et présentent

Le Groupe PLAGE
et ses reprises rock

en concert exceptionnel

au Café de l'Espérance
(face Gare du nord)

le Vendredi 5 Mai à 21h
Entrée libre. Faites signe à vos amis!!!!!!!!
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ANNONCE : Musique, littérature, cinéma & philosophie
6 mai 2006 : Journée « Parsifal, une œuvre pour notre temps ? » (organisée par A. Badiou & F. Nicolas) École normale supérieure (45 rue d'Ulm, Paris)

Au programme :
(salle des Actes)
10h-11h : François Nicolas, « Écoutez Parsifal ! » 11h-12h : Isabelle Vodoz, « De Parzival à Parsifal » 12h-13h : Alain Badiou, « Quel est le vrai sujet de Parsifal ? »
(salle Dussane)
14h-15h : Slavoj Zizek, « Parsifal, une pièce du théâtre didactique brechtien » 15h-16h : Denis Lévy, « Autour du Parsifal de Syberberg » 16h-18h : Atelier Parsifal (écoute et projections…)
Entrée libre dans la mesure des places disponibles
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Affiche et tract sont télédéchargeables sur le site.
(Merci Raphaël...)

lundi, mai 01, 2006

Y a-t-il plusieurs races?

Puisque Deux minutes d'arrêt nous parle plus bas de pourcentages raciaux au sein d'un même individu, il me semble bon ici de vous faire part d'un échange de courrier que j'ai eu avec un individu me reprochant, suite à la rédaction d'un texte en droit de réponse à un article idiot dans le Figaro, de parler de "races humaines" au pluriel... Curieux me direz-vous? Je me ferai appeler C. dans cette correspondance, et lui F.

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Cher C.,
il n’y a rien à dire sur ta réponse. Elle est très bien.Elle me semble faire beaucoup d’honneur aux auteurs,mais bon, il y a de la noblesse à embrasser les pestiférés.Ceci dit, deux remarques. Je m’étonne que tu emploiesle mot “race”, sous-entendant qu’il y en aurait plusieurs.Eclaire ma lanterne si je m’égare, mais il me semble qu’iln’y a pas plusieurs races (humaines); le sous-entendre me paraît très problématique, enfin, erroné.Autre chose, ta question “Mais que dirions-nous si les sciences sociales disposaient de statistiques montrant effectivement que, par exemple, « les casseurs sont le plus souvent d’origine maghrébine » ?” m’apparaît très dodgy(puisque tu affectionnes les anglicismes). Elle semblereconnaître implicitement qu’effectivement, peut-être,ce ne sont que les Beurs qui pètent tout...la majorité “ethnique“ valant alors pour le tout.Je ne sais pas si tu réussiras à faire publier cela par le Figharro! vu le courriel de Ghali concernant le petitdroit de réponse, mais, quel que soit le média qui accepterait de prendre ton papier, j’y appose ma signature; à une condition, que tu veuilles bien retirer tes expressionsrelatives à “une race”. Ce n’est pas un ultimatum, ma signaturene pèse pas plus qu’une autre, mais pour ma part, je neco-signe pas un texte qui sous-entend qu’il y a plusieursraces.
Bien à toi, F.
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Cher F.,

Merci de tes remarques.
Concernant ma question « dodgy », je ne comprends pas bien en fait ton argument : premièrement, je ne fais que m’exprimer sur un mode hypothétique ; ensuite, pour moi, si des gens montraient statistiquement que « les casseurs sont le plus souvent d’origine maghrébine », l’important, c’est que cela ne justifierait pas davantage le passage à une interprétation du type « ils sont casseurs parce qu’ils sont maghrébins », que la négation du « sérieux » de ces statistiques (sauf en France où elles seraient jugées discriminatoires par la loi). C’est le réflexe, l’immédiateté dans l’interprétation par la société des faits qui peuvent bien ou mal lui être présentés qu’il faut casser…

Concernant l’usage du mot « race », il y a en effet pas mal de problèmes et je ne suis pas sûr que nous nous accordions tous deux immédiatement sur cet usage.
Par exemple, dire « il n’y a qu’une seule race humaine », pour moi est impropre, voire dangereux. Je veux dire par là qu’à mon sens, de toute façon la notion d’humanité est foncièrement indépendante de celle de race : philosophiquement, je tends à appeler « humain » tout être particulier (cela exclut Dieu) vivant dans le monde (cela exclut les divinités, les démons et les anges) capable d’intersubjectivté, c’est-à-dire capable de formuler pour lui-même comme pour tout autre sa propre pensée.
J’insiste sur l’importance de la notion de capacité ici, pour qu’on ne m’objecte pas qu’un bébé par exemple selon ma définition ne serait pas humain. Il ne faut pas non plus m’objecter que certains handicapés mentaux devraient selon cette définition être exclus du genre humain, car si on parle de « handicap » c’est bien justement relativement à une… capacité. Je ne dirai donc jamais que l’humanité est une race, et pour moi, un chien, un singe, un oiseau ou un martien, s’il est capable d’intersubjectivité doit être appelé « humain ». Il peut donc y avoir des individus d’une pluralité d’espèces ou de « races » qui peuvent être dits « humains ».
Il se trouve cependant que nous appliquons ordinairement le prédicat « humain » à une classe particulière de vivants, que nous appelons souvent à tort l’ « humain », alors que nous devrions la nommer « l’humanidé », et que parmi cette classe particulière de vivants, identifiable par une certaine communauté de structure génétique, on peut proposer des sous-classes susceptibles d’être distinguée par d’autres homomorphismes génétiques – et que cette classification n’est pas assimilable à une affaire d’ethnie. Je sais qu’alors le mot « race » prend une connotation particulière, mais elle n’a qu’une valeur de nomenclature de sous-classes d’homomorphismes génétiques (relatifs eux-mêmes à une certaines classification des morphologies) au sein d’un homomorphisme génétique plus général qu’on nomme « être humanidé ».
Si on parle de la « race humaine » pour désigner la classe des « humanidés », je ne vois pas ce qu’il y a d’inacceptable à parler des « races humaines » pour désigner des sous-classifications selon certains homomorphismes génétiques. Mais c’est en fait parler de « race humaine » ici, et plus encore de la « race humaine » (au singulier) pour désigner les humanidés qui, pour moi, véhicule une erreur et un danger.
En effet, une fois qu’on désigne les « humanidés » comme la « race humaine », on risque la confusion entre l’humanidé et l’humain; or, rien n’empêche de concevoir des êtres vivants totalement différents de tout ce que nous connaissons, mais qui, parce qu’ils sont capables d’intersubjectivité devront être appelés « humains » (on peut penser par exemple, si on se sent d’humeur spielbergienne, à ce que pourraient devenir dans l’avenir certaines formes d’intelligence artificielle… ou à ET)… C’est donc peut-être quand on commence à parler de « la race humaine » que risque de surgir le racisme comme négation de l’humanité de l’autre, puisque c’est cette expression qui risque de transformer l’association régulière dans notre expérience entre un type de morphologie et la propriété plus générale d’ « humanité », en quelque chose comme une connexion nécessaire. Des européens qui n’avaient vu que des blancs devaient spontanément penser qu’il n’y avait qu’une race humaine et qu’ils étaient la race humaine… Il risque d’y avoir la même confusion à appeler les « humanidés » la race humaine… Il n’est pas sûr qu’en parler au pluriel évite toutes les confusions entre les concepts de « race » et d’ « humanité », mais pour être encore imparfait cet usage pluriel ne m’en paraît pas moins dangereux…

Maintenant, je comprendrai tout à fait qu’il reste après l’explication de ma position ici suffisamment de désaccord sur ces questions entre nous sur l’usage du mot « race » pour que tu ne souhaites pas apposer ta signature à mon texte – ce dont je ne m’offenserai pas.

Bien à toi,

C.

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Le 28/04/06 4:01, « C.» a écrit :
"Je ne vois pas ce qu’il y a d’inacceptable à parler des « races humaines » pour désigner des sous-classifications selon certains homomorphismes génétiques".
C’est inacceptable. Il n’y a pas de “races humaines”. Il n’y a pas de “sous-classifications” dans l’espèce humaine,et il n’y a pas “certains homomorphismes génétiques”. Il y a des types (caucasiens, asiatiques, etc.), qui sont issus de “variations biologiques”; ces variations sont “intra-spécifiques” à l’espèce , et non pas “inter-spécifiques”, auquel cas il y aurait “races”, comme il y a l’espèce canine et des races de chiens. De fait, le même caryotype (l’ensemble des chromosomes) est partagé par 99% de la population humaine. Le 1% restant relève de la pathologie. Amicalement,F.

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Cher F.,

Il y a ici d’abord une querelle de mots. Parler de race comme je l’ai fait n’impliquait nullement une variation inter-spécifique. Tu fixes la définition de la « race » dans un sens conventionnel qu’on peut tout à fait accepter, mais qui n’est nullement exclusif quand on prend un dictionnaire de la langue française. Admettons. Je doute qu’en parlant maintenant de « types » plutôt que de « races » on empêche quelqu’un qui croirait en l’inégalité des « races » de maintenant croire en l’inégalité des types…

Quant à mon concept de sous-classification, je l’employais précisément sans avoir à parler de différence intra ou inter-spécifique : ce sont bien en effet, au sein d’une structure génétique commune, certaines sous-structures génétiques qui déterminent des différences de morphologie qui se transmettent de manière héréditaire (celles que tu appelles « types », et que les langues française ou anglo-saxonne continuent couramment à appeler « races »). Que ces différences de sous-structures concernent un pourcentage fort maigre du caryotype de ce qu’on appelle l’ « espèce humaine » (j’ai déjà expliqué pourquoi je me méfiais de ce qualificatif d’ « humain » appliqué à une classification du vivant) ne change rien à l’affaire. Je choisissais volontairement une définition conventionnaliste, parce que je me méfie de la naturalisation des classifications. Et je ne sous-entendais pas non plus que ce type de sous-classification permette d’aboutir à une véritable partition de l’espèce, dans la mesure où les codes génétiques de chaque individu peuvent révéler en lui bien des « métissages ».

Si on accepte ton concept de « type », je te demanderai 1) de me définir après ton concept de « race », quand tu parles de « la race humaine » et quand tu parles des « races de chien ». Je comprends qu’on parle de « l’espèce humaine », mais j’espère que pour toi « race humaine » n’est pas synonyme d’ « espèce humaine », car en ce cas je ne comprendrais plus bien que tu parles de « races de chiens »…

Il me semble qu’on donne comme critère de l’espèce, un critère de reproduction : par exemple, l’âne et le cheval ne sont pas de la même espèce, parce que, malgré la possibilité de les accoupler, le mulet ne peut pas à son tour se reproduire sexuellement. Dire que les races sont des différences inter-spécifiques, cela signifie-t-il pour toi « des différences entre des espèces » (sinon je ne comprends pas la différence entre inter et intra-spécifique). Dans ce cas, on devrait dire que des chiens de différentes races, s’ils parviennent à s’accoupler doivent avoir une progéniture stérile. Or la plupart*
des chiens de différentes « races » parviennent à s’accoupler, et leurs progénitures à se reproduire ; les phénomènes qu’on appelle de « croisement » ou de « métissage » sont multiples. Cela montre que le concept de « race », entendu comme différence inter-spécifique, n’est pas plus pertinent scientifiquement quand il est appliqué aux chiens qu’aux humanidés (je maintiens cette expression peu usuelle), en tout cas s’il est censé produire une différenciation réelle ou naturelle.

Le problème à mon sens est qu’on est toujours tenté de faire pencher le concept de race, dont la valeur devrait rester celle d’une classification purement conventionnelle de caractères ou structures génétiques héréditaires mais non-spécifiques, du côté du spécifique – c’est-à-dire qu’on a la tentation de « naturaliser » ce concept, alors qu’on s’est toujours rendu compte qu’il n’y avait pas là de différence spécifique. On a par la suite échaffaudé des théories racistes dans tous les sens pour montrer que malgré la possibilité du métissage, les différences raciales révélaient bien des différences d’espèces : un Gobineau par exemple voulait passer outre cette difficulté et le cas du métissage, en disant que le mélange des races était possible mais qu’à terme il impliquait l’affaiblissement radical des races mélangées, c’est-à-dire finalement la disparition d’ « espèces »; au contraire les partisans du « polygénisme » (dont Larousse dans son Encyclopédie universelle) ont tenté de défendre l’idée que le mélange des races était source de régénération pour les « peuples » d’Europe. Dans les deux cas, ces théories utilisaient le concept de race pour donner un ancrage biologique à des théories socio-politiques. Ils ne pouvaient le faire que dans la mesure où ils procédaient à la « naturalisation » d’une classification conventionnelle, ce qui revient à transformer une nomenclature en caractérisation de différences d’ « essence » ou de « nature ».


Si maintenant pour toi, la « race » n’est pas l’espèce ; alors je ne comprends pas que tu parles de « la race humaine » au singulier. Il faut tout simplement supprimer ce concept de « race », et parler seulement de l’espèce des humanidés et de ses types – non d’une quelconque « race humaine ». Mais je ne vois pas pourquoi on n’en ferait pas de même avec l’espèce des canidés.

Je prends ici l’Encyclopédie philosophique universelle des PUF, à l’article « Race », et je lis :
« Sous les auspices de l’UNESCO, anthropologues, biologistes, généticiens et sociologues ont tenté de cerner le concept de race. D’un point de vue biologique et génétique, la race est un principe de classification conventionnel et arbitraire n’ayant pas de portée scientifique réelle en raison de l’absence d’une différenciation significative entre les groupes humains actuels. D’un point de vue anthropologique et sociologique, la race est un moyen de décrire et de classer la grande diversité des populations humaines. Il s’agit d’un système reposant sur des valeurs culturelles et pouvant déboucher sur des mythes sociaux ».
Ca me va tout à fait. Et toi ? Je ne vois pas ce qu’un principe de classification conventionnel dont on sait qu’il n’a pas de portée scientifique réelle, c’est-à-dire qu’il ne signale pas une différence spécifique, a d’ « inacceptable ». Mais je renonce à m’étendre davantage sur le sujet.

Bien à toi,

C.

PS : J’ai bien ajouté ta signature au texte.

*Je dis « la plupart », parce qu’effectivement on aura du mal à accoupler un dogue allemand avec un chiwawa… Mais on pourra trouver des solutions de continuité, c’est-à-dire des « races » susceptibles de s’accoupler aussi bien avec un chiwawa qu’un dogue allemand, et dont les progénitures pourront à leur tour sans difficulté s’accoupler… Je veux juste dire par là qu’on peut raffiner le critère de l’espèce. On ne dira plus que deux individus appartiennent à la même espèce s’ils sont susceptibles d’avoir une progéniture elle-même susceptible de se reproduire, mais s’ils ne peuvent pas avoir de progéniture ensemble, au moins existe-t-il deux autres individus avec lesquels ils pourront s’accoupler et tels que les progénitures respectives des deux couples pourront à leur tour s’accoupler et avoir une progéniture susceptible de se reproduire…