samedi, mai 13, 2006

Je n'acceptais d'être ruine que parce que j'étais forteresse.

J'ai retrouvé ce petit texte dans un cahier de New York, daté curieusement d'un 11 septembre... 2003. Pas très bien écrit, mais je trouve quelque chose de fort juste dans cette association d'images entre la ruine et la forteresse d'un moi, d'un désir, et le trouble jeu d'une expérience saphique naissante, et avortée... Les paragraphes entre crochets indiquent de légères corrections de style ou des petites coupures. Le petit texte de ce cahier est un secret manifestement mal gardé.

La distance que mon séjour new yorkais me fait prendre vis-àvis de ma vie sociale me rend à une méditation heureuse que la trop grande proximité des êtres et des choses m'empêchait, depuis quelques mois, de prolonger avec sérénité. Je suis mieux à même d'élucider les significations possibles d'événements surprenants, de comportements caractéristiques, et de la sorte aussi, mieux à même d'approfondir certaines des réflexion fondamentales que j'ai pu engager cette année entre spatialité, temporalité, imagination, désir et mort. Je décèle mieux certains secrets de mes désirs et de mon anxiété, et j'affine certaines interprétations touchant des penseurs qui, toujours à nouveau, lorsque je retrouve la disposition à scruter et exprimer mon âme, m'interpellent.
Certains aspects de ma relation si trouble à Anne, par exemple, m'apparaissent avec plus de lumière, et la soustraction de ma parole à l'explication sociale et morale (indissociablement) des événements, m'autorise dans le secret à plus d'intelligibilité. Je ne comprenais pas notamment jusqu'ici pourquoi la mise en scène psycho-dramamatique de ma nuit d'anniversaire avec Anne et Catherine avait été si peu en mesure de m'affecter, de provoquer en moi le mélange de désir inassouvi, de dépossession et de violence propre à mon ressentiment d'antan. Je l'interprétais jusqu'ici naïvement, en me disant que n'aimant plus Anne et n'aimant pas assez Catherine, leur volonté consciente ou inconsciente de m'atteindre et me blesser dans cet acte ne pouvait aboutir. Je me disais aussi que ma capacité à juger leur acte comme la manifestation d'une pathologie irresponsable chez deux êtres malades de l'existence étai ce qui me préservait.
Je ne nie pas que ces intuitions ne comportent une certaine part de vérité, mais elles ne rendent pas compte d'un bon nombre d'autres faits. Je voulais manifestement joindre les "deux bouts", c'est-à-dire que je voulais présenter Anne et Catherine, et que ces éléments si distants temporellement dans mon univers, mais ayant l'un relativement à l'autre tant de résonance, reconnaissent elles-même leur identité, la mienne - bref qu'elles s'unissent.
Dans une certaine mesure, Anne est la personne qui a le plus tôt perçu chez moi cette volonté d'unification et s'en est toujours irritée. Elle s'en est plainte, et s'y est très tôt attaquée, voyant dans ce rapprochement organique que j'essayais spontanément de générer à travers l'assimilation et la fréquentation réciproque des éléments les plus divers et hétérogènes de mon univers, une illusion de mon ego, une manière d'excentrer chacun (et surtout elle), de lui assigner un rôle. Cette vision n'est pas radicalement erronée, même si la plupart des figures de ce monde n'ont jamais eu à souffrir d'une volonté mienne de les asservir ou de me les approprier, de les dominer ou de les domestiquer.
[...] J'essaie de pousser à la cohérence, à l'unification tout ce qui me touche, mais l'ingénieux édifice n'est peut-être qu'une gigantesque (à mon échelle) - quoique fébrile - forteresse contre la dispersion et l'extériorité de soi, ordinairement, dans le temps : là est sans doute la force de l'illusion, et sa faiblesse.
Quand, dans un lointain passé, je présentais Anne à mes amis, j'avais sans doute déjà cette volonté fortificatrice et unificatrice, et d'une certaine façon, non seulement je parvenais, malgré la douleur, à m'accomoder du fait qu'elle sorte avec eux (et pas avec moi!), mais plus encore, perversement et contradictoirement, je désirais sans doute cela. Quant à elle, elle n'acceptait le pacte tacite de cette union qu'à la condition de m'en exclure: celle que j'aimais était l'élément capable de parfaire mon édifice, mais le prix de cette perfection était sa parfaite ruine, ma négation. [Elle acceptait de me faire me sentir centre absolu à condition de me faire sentir indissociablement nié, absolument excentré. Elle en avait besoin]. Je lui étais indispensable, car sans moi, sans cette ruine, elle n'était pas vue, elle ne se voyait pas. [Et moi je n'étais moi, forteresse, qu'en acceptant d'être en même temps ruine].
Il est vrai que je n'aime plus Anne depuis longtemps, et que de la sorte elle ne pouvait plus [depuis ce temps] être l'acteur singulier parachevant au regard de mon désir la bâtisse de cette forteresse. Il est vrai aussi que j'ai couché avec elle, et qu'avec cet acte, sans doute, les restes de mon amour se sont irrémédiablement dispersés dans le temps. [...] Anne ne peut se résoudre à véritablement accepter un lien fort avec une personne de mon entourage (à peu d'exceptions près) que si elle peut en même temps par là ne pas se trouver intégrée à mon domaine, autrement dit, que si elle peut en même temps m'exproprier.
C'est bien ce qui s'est produit avec Catherine. Elle a bien, elles ont bien senti toutes les deux, qu'il y avait chez moi le désir de les voir réunies, de les amener à m'accorder l'égalité à soi de mon désir sur la durée, à voir ce moi que le temps n'a de cesse d'écarteler en des figures aussi parsemées qu'hétéroclites, à voir ce moi donc, réuni dans un symbolisme saphique et siamois.
Catherine l'a intuitivement compris dans son état à moitié drogué, et Anne dans son ébriété a de nouveau bien voulu jouer dans le spectacle que je désirais, mais de nouveau cela devait avoir un coût.: bin me signifier que par là, tout lien à moi se trouvait coupé, au prix de ma négation. Mais cette fois elle a voulu pousser l'exploitation de mon désir trop loin, ayant été amenée, par mon absence de sentiment de dépossession face aux prémices d'une union saphique, à devoir expliciter sa volonté de m'exclure. C'est en fait mon désir qui l'a piégée, car son identification à Catherine a trop fonctionné dans son esprit pour qu'elle juge que... Catherine n'était pas elle, n'avait pas le même rapport à moi - que tout simplement elle ne me connaissait pas encore assez pour comprendre la scène quise jouait et interpréter jusqu'au bout le rôle assigné à Ane, et que, qui plus est, Catherine n'étant pas véritablement attirée par les femes, Anne ne disposait pas du pouvoir qu'elle pouvait à l'époque exercer sur me amis.
Je crois que sous certains dehors d'emportement moral et de colêre, feinte ou non, c'est rapidement un sentiment de puissance (pas de pouvoir) que j'ai au contraire éprouvé, comme si ce qui devait m'ébranler (en surface - sans jeu de mot!) me donnait tout à coup un élan qu l'adversité et la fatigue ne sauraient entamer. Vanité de cet élan sans doute, pour le moraliste, et à bon droit: c'état comme la jouissance de ma volonté et de ma liberté retrouvées dans une situation qui eût apparemment autrefois tôt fait de me désarçonner, de m'aliéner [de me châtrer?]. C'est peut-être la pierre de touche ultime de mon édifice illusoire: forteresse faux refuge / ruines vrai refuge - je ne sais pas, peut-être n'est-ce pas encore ou présentement la question pour un intermittent de l'être de mon espèce.
Cette vue a bien entendu le défaut de surdéterminer mon rôle dans la signification des actions de mes proches...

ce fut fait en hiver, cet hiver, je crois

Il n’a jamais vraiment su ce qu’il faudrait faire pour s’en sortir ; il y en a qui le font très bien, sans souffrir, comme si c’était facile, comme si ça allait de soi, une journée après l’autre avec toujours ce même entrain, ces gestes qui ne trahissent aucune faiblesse, gestes mécaniques qui le dépriment, énervement à cause d’un briquet qui ne s’allume pas, ou cette petite satisfaction à la suite d’une conquête assez naine, (probablement l’extension d’un territoire, ou une phrase victorieuse qui aurait sonné juste et rendu à un petit bout de femme son autorité). Les signes s’entrechoquent dans la vie d’une journée, tout le monde se ressemble, dit-on, même façon de jouer la carapace solide, le sourire calculateur, le pas soi disant digne, avec un air qu’il faut avoir pressé, façon de dire aux autres que l’on époussette la fatigue et que l’on surmonte les obstacles ; il y a des gestes qui ne trompent pas, des gestes violents qui n’ont pas l’air violents, mais quand on regarde attentivement, on est pris d’horreur, ces doigts tendus, stressés, qui serrent à mort des cigarettes comme on tord le coup des bébés, mégots écrasés à moitié dans des cendriers qui empestent et enfument ceux qui passent par là et sont les témoins de cette agressivité en devenir, qui un jour sévira plus franchement sur des êtres qu’on abandonnera après les avoir à moitié consumés. Drôle de façon de faire, comme si de rien n’était, comme si il n’y avait plus personne pour remarquer que le monde est en train de se perdre sans avoir l’air de se perdre, qu’il devient l’enjeu d’une amélioration quotidienne de nos capacités à le gérer, à le faire entrer dans un code et s’en rendre bientôt maître ; est-ce horrible ? L’odeur du scandale ne sent plus rien, tout est normal, tout passe, l’agitation fait bouillir l’intérieur des têtes, mais les têtes ne savent plus où donner de leur tête. Est-ce ainsi qu’il faut vivre ? IL n’est pas d’accord, IL — hypothèse d’une individu mis au banc du monde, dans l’espérance d’une action résistante) ; IL — force vide spectatrice qui n’a pas tranché, qui n’a pas été non plus été tranchée ; IL il attend une faille, quelque chose qui passerait mal, mais rien ne se produit de la sorte, bien au contraire, les mains ouvrent soigneusement les portes, les mains ne se trompent pas de mains quand il faut saluer de près, ou de loin, ils connaissent par cœur l’attitude nécessaire pour ce que ce monde ne flanche pas ; IL se demande, s’ils avaient le courage de penser différemment les choses, s’ils avaient le courage, ce qui se produirait, on pourrait alors commencer à lever les mains en direction du ciel, les agiter, façon de communiquer à la plus haute autorité du monde (ou celle qui est la plus basse dans le ciel) qu’on est bien désarmé, que cela n’est pas grave, qu’on peut s’arrêter un instant, qu’il y aura peu de morts et peu de pertes dans ce temps suspendu.

Rappel

T.Bernhard :

« C’est un fait que ce que nous exprimons en paroles, couchons sur le papier, est dix fois plus bête que ce que nous pensons, et cependant, nous acceptons, comme les grands écrivains, de passer pour beaucoup plus bêtes que nous ne sommes, et commettons ce non sens de dire quelque chose. »

une phrase seulement

Une seule phrase est l’objet d’un long et incertain développement sur cette phrase pour l’instant sans objet, qui ne parle pas du monde ou du temps, mais rêve secrètement de pouvoir durer en se passant des choses qui ne la croiseront pas, voilà le projet décidé, et il se peut aussi que cette phrase ne cherche pas non plus à décrypter l’humeur de l’auteur, qui se cache dans des mots neutres, et si par hasard, vous appreniez sur lui un détail d’âme, cela serait fortuit, car le désir de cette phrase est de rester éveillée entre le réel et le dedans, sans choisir son camp, comme si (je n’échappe malheureusement pas aux images) un baigneur se trouvait figé dans l’air, ne regrettant ni le point d’appui et ne rêvant pas non plus à l’arrivée du geste — posture curieuse que cette phrase qui ne va nulle part, qui ne vient de nulle part, et qui pourtant s’organise — et je suis très énervé de me voir trouver des subterfuges pour donner l’illusion d’une continuité, mais ainsi j’avoue publiquement la valeur fictive de ce projet, et je suis impatient d’arriver au bout car cet exercice d’équilibre est un peu douloureux, je n’assume pas le délire de la phrase que je ne laisse pas libre et qu’à chaque instant je contrôle comme si j’avais peur d’être expulsé par elle, mais je me repose quand même parfois, la virgule est un beau repère pour cette indétermination manifeste, je souhaite écrire cette formule qui me fait tant d’effet, où aller ? au moins cette phrase devient encore image, elle concerne la folie des vies qui ne s’expriment plus, et se laissent prendre comme des victimes par le cyclone du temps, moi qui pensais naïvement créer du non sens, ou une phrase qui ne ferait que réfléchir sur elle-même, je me surprends à entrer dans le domaine un peu niais et prétentieux des symboles, et même si par moment je suis agacé par cette tournure, j’en suis aussi rassuré car la phrase porte en elle le monde ou l’absence du monde, et ne peut exister que sous un ciel possible, même vide, le trou dans lequel je m’enfonce (ou est-ce une élévation ?) est un abîme terrien, je sens mes doigts qui creusent, et je sens que je me rapproche de mes limites, cette phrase que je croyais amie devient une nouvelle épreuve, je n’abdique pas aussi vite, je ne pense pas être dépouillé de mon pouvoir de dire, et plutôt que d’interrompre lâchement cette course, je peux trouver une autre échéance, celle du bas de page, et la phrase ne devient alors qu’un noircissement insensé d’une surface — ne pas laisser le blanc m’éblouir, mais le noir gribouillis est aussi une figure fatigante pour les yeux, cette phrase rêvée, puis-je admettre qu’elle défile dans ma tête, et se mettre à l’écrire a le ridicule aspect d’une preuve, la phrase ne doit pas être une vérification d’elle-même, ni le lieu où je me mesure à l’inconnu ?

entre & dessous

Ne pas mourir idiot, oui, c’est ça ; alors écrire, encore ça, je dirais pas quoi, juste ça : le doigts pointe un monde secret ou désigne un lieu où la magie nous sors du pétrin, de l’odeur désagréable des routines ; à ce propos, hier, soir, j’écrivais à quelqu’un qu’en ce moment, je suis improductif, et que je deviens même indifférent à ma propre impuissance ; et pourtant, ça m’intéresse, tout le temps, cela me taraude (mot qu’enfant je trouvais savant, aussi énigmatique qu’un jeu de carte), ça m’épuise de ne pas savoir être à la hauteur pour l’accueillir, et ce qui m’énerve encore davantage (je mets sur le compte d’une culture livresque à la petite semaine), c’est que cette interrogation a été l’objet d’une œuvre littéraire que j’admire beaucoup, il faut être à l’écoute de ça, mais ne pas faire comme lui, prendre un autre chemin ; je suis à l’écoute de ma vie, de celle des autres (peut-être pas assez), et c’est finalement ridicule, aussi bête que l’image d’un peintre sans idée qui regarderait comme une vache benoîte sa palette ouverte ; que le réel soit un ustensile, voilà une idée qui n’est pas neuve, qui m’intéresse, mais en même temps qui me déplaît, car je crois accorder à l’existence une force qui se joue de toute idée stable que je pourrais avoir sur elle (du genre la vie vécue c’est la littérature), du coup, je n’ai pas envie de me sentir écrivain, mais seulement un vivant qui utiliserait l’écriture pour explorer la vie, surtout pas l’inverse. J’ai dit ça, et très vite, je trouve ça idiot, ce primat du vivant sur le reste, disons qu’il ne faut surtout pas séparer les deux choses (j’appelle chose ce qui peine à se faire un nom), il y a un va et vient permanent entre les phrases que je voudrais écrire et les minutes à vivre, à blanc, sans médiation, probablement avec le corps ; il serait possible (puisqu’on cherche malgré tout à former des idées pour nous sortir de l’ombre) qu’une certaine modalité d’érotisme vienne à mon secours pour ne plus souffrir de l’abîme qu’il y a entre la vie et la littérature. Gouffre certes, mais qui n’est pas pathétique, ce que j’éprouve intérieurement, et qui aujourd’hui me mine et me prive de tout projet d’écriture, n’est pourtant pas visible dans ma vie d’homme ; je veux dire que cela n’atteint pas mes journées et mon emploi du temps, apparemment, tout fonctionne comme on dit, et personne ne pourrait deviner à travers les signes de ma vie (dont je profite avec une certaine avidité désespérant — ô jouissances tristes !) qu’il manque une nourriture fondamentale à mon aventure : l’exigence qui a souvent été mienne et qui m’a propulsé sans peur dans l’écriture, s’est éclipsé, je devrais tenir compte de mes expériences antérieures pour être soulagé (car il m’est arrivé d’être vidé, apathique, effondré), mais cela ne m’aide pas du tout, ; j’ai l’impression d’inaugurer le déclin subtile de toutes mes facultés d’analyse et d’imagination, et je me surprends, maintenant, à essayer de faire de la mauvaise littérature avec mon impotence ; je dis mauvaise, car, ici, à nouveau, les modèles qui font autorité m’écrasent, me volent même la formulation de mon malheur ; pourtant, je sens que ça n’est pas très loin, et je ne sais pas si je dois abdiquer ou continuer à attendre le retour de l’écriture, ou inventer un autre passe-temps ; voilà le mot enfantin (et qui désacralise la littérature ) : on m’a volé mon hobby, ma passion, alors j’éprouve une énorme difficulté à supporter les minutes qui passent, c’est l’ennui qui m’enlise, pas la déprime, mais bel et bien l’ennui, sans ça, je subis, je suis hors-jeu, et rien ne me semble valable, à l’excepté d’expériences érotiques ; ce dernier avœu m’aide à comprendre ma misère, et ces oppositions finalement simplistes et qui m’arrachent à moi-même tout le temps : d’un côté, la vie du corps, de l’autre, l’aventure spirituelle.

jeudi, mai 11, 2006

Les feux de la rampe





Les Seigneurs de Dogtown et Wassup rockers…
A première vue, tout semble rapprocher ces 2 films : Los Angeles, les quartiers pauvres, des ados paumés en mal de virilité, des coupes de cheveux non-maîtrisées, une BO punk-rock, des filles super chaudes, des flics très très méchants et 1h46…de skate board.

Les Seigneurs de Dogtown de Catherine Hardwicke nous entraîne dans le « ghetto du bord de mer » des années 70 où de jeunes blonds aux cheveux longs, façon Hanson, transposent leurs techniques de surf au skateboard et deviennent les pionniers d’un sport de rue totalement inédit. Ou comment 5 ados s’introduisant dans une propriété privée et skatant dans une piscine vide inventèrent…le half pipe. A côté, Marty MacFly, qui s’accroche en skate à l’arrière des voitures pour aller au lycée dans Retour vers le futur, fait figure de gros suiveur.
Mais Les Seigneurs de Dogtown, bien que sympathique et instructif, se complait dans le sex-drug-and-rock-and-roll ambiance Jack Ass et finit par lasser.

Non, le vrai poète du skate, le grand pervers génial, c’est Larry Clark dans Wassup rockers : De jeunes latinos-américains, fans de skate, de culture punk et de pantalons serrés, décident de skater dans les quartiers riches de LA. Doux-amer ou tragi-comique, le film n’en demeure pas moins hilarant. Et prend vraiment aux tripes. Le miracle du film, c’est qu’il donne presque envie d’avoir 14 ans, de faire du skateboard, de vivre dans le ghetto, de porter des pantalons moulants, et d’être latino.
La vérité, c’est que le génie de Larry Clark réside dans un voyeurisme troublant et vraiment efficace. Ce qu’Antonin Artaud définit comme l’essence même du 7ème art : « La peau humaine des choses, le derme de la réalité, voilà avec quoi le cinéma joue d’abord »…