samedi, mai 20, 2006

Image-note (Damas, septembre 2000)

damas

Image-note (Senlis février 2006)

bmaman copie

Image-note (Kiev 2001)

kiev

Image-note (Paris 2004)

anna et sarah copie

Image-note (Procida, été 1999)

chiara nu 2 copie

Image-notes (Kiev 2002)

ukraine copie

vendredi, mai 19, 2006

sans titre


page 3
Originally uploaded by gondac.
sans commentaire
adc

Avec Dust Of My Dust en guest DJ!!!

jeudi, mai 18, 2006

2004

sans titre

Paris, 2005.

Hiver 06


Il n'y avait rien à attendre, rien à emettre, rien à recevoir, et pourtant, tous les matins, nous sortions pour agiter nos bras en saluant des ombres qui n'étaient pas très regardantes, mais qu'importe, la fraîcheur de l'air infusait dans nos esprits une sorte d'espoir, mot que nous avions un mal de chien à prononcer car il nous avait été refusé pendant si longtemps, là, dans cette rue qui était notre seul endroit, nos yeux pouvaient enfin jeter dans l'horizon des perches pour être reliés au monde.

Les commentaires dans le boudoir.

Chers amis,
Nous avons été bombardés de messages très courts ce matin, non par notre cher ADC, mais la seule puissance capable de rivaliser avec sa production bloggesque, à savoir un spammeur. J'ai effacé la plupart de ces commentaires, mais vous en ai laissé un échantillon ici.
Cela dit, cette petite tâche fastidieuse d'effacer une cinquantaine de commentaires standardisés me contraint à imposer une "modération des messages"... Il vous faudra donc patienter parfois un peu plus avant de voir votre ravissante prose publiée, prête à animer les âpres débats du Terminus. Vous devrez patienter un moment de plus dans le boudoir, mais comme chacun sait, c'est là qu'on philosophe!

mercredi, mai 17, 2006

travail en cours (photographier...)

Il y a évidemment, lors de ces sorties dans le monde, le souci (difficile à atteindre) d’être touché, sans jamais rien prévoir à l’avance, ce qui suppose un état d’esprit difficilement compatible avec la vie que nous menons aujourd’hui. L’occupation déprimante du temps, sa compression dans un emploi du temps qui rend les artistes bureaucrates de leurs œuvres, ne facilite pas cette recherche, et je suis moi-même, souvent, la première victime de cette pression sociale, de cette image d’artiste à laquelle on n’échappe pas quand on a suivi une formation académique. Cet hors champ peut paraître anecdotique, mais il me semble important de le rappeler, pour comprendre que photographier est avant tout une tentative de se décharger, mettre sa vie d’homme au placard, oublier les intimidations produites par une époque qui cherche à tout saisir au plus vite, à identifier gens et œuvres, pour mieux ensuite les déplacer, les remplacer.

Rappel

L'âme est une perruque.

La prégnance du vide.

Cher ADC,
J'ai retrouvé par hasard en feuilletant quelques vieux textes celui-ci, qui, malgré quelques retouches plus tardives, date de loin, bien loin, février 1999, à New Haven, CT, moment des plus marquants de ma vie, où d'extérieur rien ne s'est passé... Il m'a naturellement fait penser à quelques uns de tes petits textes...

Enceinte

Un vide profond m’habite, qui falsifie mon rapport à l’instance, à ce qui donne l’être à une décision. Je ne peux pas toujours distinguer l’instance d’une vide représentation d’instance, sa venue sur scène d’une mise en scène qui ne donne rien. L’habitude du vide est un pli qui devient vite une ride, un trait qui s’oublie parce qu’il s’installe. Dans le vide, l’absence d’instance génère la mise en scène d’instances, un jeu de masques dont on n’est rapidement plus maître, parce qu’une certaine duplicité pousse à y jouer. On ne se donne pas les règles et on se projette sans admettre, sans comprendre que cette projection fait de soi une fiction, et une fiction de mieux en mieux construite, de plus en plus falsificatrice, de plus en plus crédible. On donne au vide les figures de l’être. Plus le vide devient prégnant, plus l’être s’abrite : empty pregnancy leads to the abortion of phantasmatic figures. Pour qui est encore vivant dans ce vide, offusquer la lumière ne conduit pas seulement à suffoquer des ténèbres : il faut exprimer ses figures en même temps que leur subversion. Il n’y a pas d’autre règle, de procédé tant qu’il n’omet pas cette fonction dans son expression. Même une sortie apparente du vide, une certaine résonance de l’instance, doit laisser cette menace, cette incertitude du phantasme dissonner. Il faut un véritable parcours, une géographie et une « ethnologie » du vide, avant de nourrir quelqu’autre espoir. Il n’y a de rapport possible à l’être que dans la dissonnance de sa présence, que dans l’incrédulité devant ce qu’on croirait volontiers être. L’être, peut-être, n’est pas récupérable – qu’un fragile peut-être et rien de plus.

Deux événements que je vous conseille!


Vendredi 19 mai à 17h
Rencontre avec Eric Hobsbawm autour de
L’Invention de la tradition
(traduction de Christine Vivier)
à la librairie Compagnie
51, rue des Ecoles, 75005 Paris (M° St-Michel, Cluny, Odéon, Luxembourg)
*
Jeudi 8 juin 2006 à 19h
Rencontre avec Judith Butler et Michel Feher autour de
DEfaire le genre
(traduction de Maxime Cervulle)
à la librairie Violette and Co
102 rue de Charonne ,75011 Paris (M° Charonne)

Viennent de paraître aux Editions Amsterdam :
Judith Butler, Défaire le genre Yves Citton, L’Envers de la liberté. L’invention d’un imaginaire spinoziste dans la France
des Lumières
Eric Hobsbawm et Terence Ranger (dir.), L’Invention de la tradition Studs Terkel, « La Bonne Guerre ». Histoires orales de la Seconde Guerre mondiale


NB: C'est, à titre personnel, surtout la rencontre avec Hobsbawm que je vous conseille. Son livre sur l'invention de la tradition est un très bel ouvrage d'histoire. Utile si vous vous demandez par exemple de quand date les défilés de Buckingham Palace, et que vous êtes intéressés d'apprendre que ces défilés "traditionnels" d'abord décrits de façon emphatique à la radio, ont complètement été transformés par l'arrivée du cinéma... Au point que pour agrémenter le cortège de la reine, la cour d'Angleterre a dû emprunter des carosses à des studios de cinéma spécialisés dans les films d'époque...

En ce qui concerne Judith Butler, je sais que beaucoup la considèrent comme une des intellectuelles les plus éminentes de ce début de siècle pour ses réflexions sur le concept de "genre", mais j'avoue ne jamais l'avoir lue, l'avoir seulement vue lors d'une conférence sur Sartre et Fanon, en français, extrêmement chiante et incompréhensible. Je crois qu'elle gagne grandement à être lue d'abord...

mardi, mai 16, 2006

posologie

La posologie infligée est un traitement très difficile, j'ai l'impression de me battre chaque jour avec mon corps. Je dis des choses débiles comme "la posologie, et le port du chapeau (pour cacher les plaies sur le cuir chevelu), voilà mes combats, mes seuls combats "; Et puis tout change quand mon ami Kafka m'envoit un texto à 5h du matin qui me rend insomniaque : " dans ton combat avec le monde, seconde le monde", j'ai pas répondu, j'ai rien compris, j'ai effacé son message, s'il s'avait, s'il savait.

Pore

Mélanie, vous l'avez connu cette histoire d'épiderme, non ? J'avais un copain, à l'université, un con qu'on appelait Polo (Valéry) et qui disait que le plus profond chez nous c'est la peau. On a construit des maisons et des fictions dessus. Paulo a écrit quelques bouquins que Mélanie n'a jamais lus.

Combat

Monsieur Bouffes aime beaucoup polémiquer avec les adolescentes des problèmes de société. C'est important, les culottes.

lundi, mai 15, 2006

attention

Mickey rencontra sur son chemin un animal qui s'avéra être un porc de combat. Un sacré gros porc.

La sociologie est-elle un sport de combat?

Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez ici ma réponse à l'article de Tarnero et Prazan (ainsi que cet article même). C'est le texte dont il est fait mention dans le post plus bas sur les questions de race.
Vous trouverez ci-dessous le texte que l'EHESS a envoyé au Figaro... et qui à ce jour n'a pas été publié... sans doute ne le sera-t-il jamais... il est inspiré du texte plus long auquel je vous renvoie.

Haine de la sociologie

MM. Prazan et Tarnero, dans l’édition du Figaro du 18 avril 2006, se plaignent d’un prisme idéologique « gauchiste » dans la pratique des sciences sociales en France, qui empêcherait notamment les chercheurs de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales d’accorder aux « vrais » phénomènes sociaux, vécus de la manière la plus angoissante par la population, l’importance qu’ils méritent. L’EHESS, soudain promue temple de la « gauche bobo », craintive d’être débordée par la « gauche de la gauche », n’oserait se défaire des cadres d’analyse des idéologies d’extrême-gauche... Derrière son intention militante, l’attaque de nos deux auteurs indique assez clairement qu’ils ignorent tout de l’institution qu’ils fustigent. Elle trahit une méconnaissance flagrante de la manière dont la sociologie est pratiquée en France aujourd’hui. Et surtout, elle privilégie la stigmatisation et l’insinuation, au détriment de la réflexion et de l’analyse.
« Bobo » : cela signifie « bourgeois-bohème ». MM. Prazan et Tarnero ont-ils une idée des conditions dans lesquelles travaillent la plupart des jeunes chercheurs, à l’EHESS et plus largement au sein des universités françaises ? Bon nombre d’entre eux finissent par n’avoir d’autre option que d’abandonner leurs recherches pour des raisons économiques. Curieux, ces bourgeois bohèmes… Drôle de « temple de gauche » encore, qui dédie à Raymond Aron l’un de ses plus importants centres de recherches ! Il est évident à qui connaît un tant soit peu l’institution, que les objets d’études et les méthodes de recherches qui y ont cours sont extrêmement divers, de même que les origines sociologiques et, sans doute, options politiques des chercheurs et des étudiants. Recommandons simplement aux curieux de survoler le programme des « enseignements et séminaires », plaidoyer pro-domo amplement suffisant pour répondre à des accusations assez ineptes.
Quels sont donc maintenant les « vrais » problèmes sociaux que nos auteurs exposent, et au sujet desquels les sciences sociales en France s’aveugleraient ? Tout ce qui a trait aux « banlieues », aux « tournantes », à « certains jeunes plutôt que d’autres dans ces banlieues » (sic), à un antisémitisme et un sexisme inhérents à l’« islamisme », cette « menace pour la démocratie et les libertés individuelles ». Non, il ne s’agit pas de la bande-annonce d’une émission de deuxième partie de soirée d’une chaîne « grand public ». Quel tabou lève-t-on en effet en parlant de « certaines populations de certaines banlieues » (sic) ? Etant donné le contexte, chacun comprendra aisément l’allusion : derrière cette formule, on désigne grosso modo une jeunesse française d’origine principalement maghrébine et/ou africaine, le plus souvent masculine, qui manifesterait par des actes violents et destructeurs son mépris à l’égard des valeurs fondamentales de l’institution républicaine et ce qu’on décrit comme un « ressentiment anti-français ». Pourquoi nos auteurs ne déterminent-ils pas eux-mêmes la signification de leur formule, et la laissent-ils fonctionner sur le mode de la connotation ? Le procédé rhétorique permet la confusion entre ces « certaines populations » et le phénomène qu’ils dénomment vaguement « un islamisme pas toujours sympathique ». En en restant à la juxtaposition et à la connotation, on laisse le soin au lecteur d’amalgamer : « jeune noir ou arabe de banlieue » = casseur, antisémite, sexiste, barbare, islamiste, anti-français. Ce n’est pas insulter nos auteurs ou les accuser d’être racistes, néo-réacs ou islamophobes, que de leur dire qu’ils ne nous aident pas ainsi à… réfléchir.
Les sciences sociales quant à elles ne sont pas dans la dénégation de l’existence d’un « ressentiment » grandissant au sein notamment d’une frange de la jeunesse française d’ascendance maghrébine ou africaine ; ou encore de la menace que peut représenter une idéologie islamiste contestant au nom de valeurs religieuses le principe de laïcité. Ces questions sont en fait plus qu’abondamment étudiées et discutées dans le cadre de la discipline, et notamment à l’EHESS, que nous invitons MM. Tarnero et Prazan à fréquenter.
L’étude et la recherche exigent qu’une représentation sociale d’un problème ne fausse pas l’examen de l’objet, que les procédés rhétoriques qui relèvent du militantisme laissent la place aux méthodes scientifiques. Si nos deux praticiens des médias souhaitaient placer la discussion ailleurs que sur le terrain de l’idéologie et nous aider à réfléchir, il conviendrait au moins qu’ils n’appuient pas leur opinion sur une tactique de stigmatisation. Qu’ils questionnent de manière critique leurs affirmations péremptoires. Qu’ils ne se contentent pas de juxtaposer des clichés, de privilégier l’allusion au détriment de l’explicitation. A moins bien entendu qu’ils ne cherchent à susciter la peur.



Adrien Abecassis (EHESS); Fabrice Bothereau (EHESS); Natacha Chetcuti (EHESS); Emilie Doré (EHESS); Camille Floriot (EHESS, INALCO); Marie-Alix Forestier (Centre Raymond Aron, EHESS); Mikael Garandeau (EHESS); Marie Glon (EHESS); Véronique Klauber (EHESS); Céline Lévy (Centre d’études juives, EHESS); Christophe Litwin (Centre Raymond Aron, EHESS); Christian Martinez (ENS/EHESS); Guillemette Morel Journel (EHESS); Pascale Nectoux (Centre d’études et de théories des arts, EHESS); Eduard Rodriguez-Martin (EHESS); Gayaneh Szenkovits (Laboratoire des Sciences cognitives et psycholinguistique, EHESS); Pierre Vinclair (ENS/EHESS).

dimanche, mai 14, 2006

moi aussi j'ai des souvenirs moi aussi je suis sentimental (parfois)

Si je me souviens bien, ça devait être le 11 septembre 2001, je travaillais à quitter une femme qui vivait à Lyon ; j'avais un job d'été du côté de Disney, et derrière la boutique où je tirais le portrait des idiots, je passais aussi des coups de téléphone à cette femme bien heureusement loin de Paris, à Lyon, je l'ai dit ; mais ce jour là, ça devait être le 11 septembre 2001, alors que je lui téléphonais en lui demandant pour la forme le temps qu'il faisait dans sa ville, elle me racontait qu'il faisait beau etc. etc. La conversation était absolument ennuyeuse, j'avais presque hâte de retrouver les idiots pour les photographier, mais elle continuait à palabrer ; du coup, je voulus mettre un terme à cette conversation en lui disant qu'il y avait une putain de bonne série à la télé que je voulais aller voir à ma pause sur les écrans de la FNAC, une série qui racontait comment des auvergnats avaient conçu le projet terroriste de balancer des bouteilles de rouge sur les tours du côté de la bibliothèque Mitterand, mais elle se ficha de ce spectacle, et comble de l'horreur, alors que j'étais prêt à jeter mon téléphone sur deux caniches jumeaux qui passaient sous mon nez pour interrompre définitivement cette conversation, la jeune fille me demanda de me retourner : elle était là, en chair et en os, venue "me faire une surprise", jusqu'à Disney; Horreur ! La suite fut absolument épique, j'ai foncé la tête la première sur ses deux seins que j'ai bien amochés : le sein gauche a d'abord tremblé sur sa base pour s'effondrer platement sur l'un des caniches que j'avais déjà un peu écrabouillé, quand au sein droit, même scénario, mais juste avant de s'écraser sur le bitume, j'ai vu son téton apeuré se désolidariser de la poitrine pour le grand saut. Le téton suicidé fit la une de tous les journaux de la planète et quand j'y pense aujourd'hui, j'en ris encore.