dimanche, juin 25, 2006

La vie n'est pas un roman (Phrases téléphonées)



Quand rentres-tu ?

Ta photo, accompagnée du message m’a touchée. Je t’embrasse
J’ai pas tout compris de ton message, mais aimer est peut-être un simple, non ? dit celle qui n’y croit pas. T’embrasse.
Oui, vers 17h ?
Il l’ont fait : école primaire Coluche à Val de Rueil (Eure)
Il fait beau ! La journée s’est bien passée ? Demain soir, s’y tu ne fais rien, on aurait pu dîner ensemble ?
Période de repli intensif. Ne te formalise pas, ami.
Un peu tard, midi c’est possible ?
Marchand de tapis ! ça marche, je suis dans ton quartier, je passerai te prendre.
Je sors d’un expo. Ça va toi ? Je t’embrasse fort.
Ce soir, pas de message ?
Alors, toujours à l’industrie ?
Mi amore, appelle-moi.
27 rue de la forge royale, 11ème, métro faidherbe chaligny, 18h.
Ma maman n’est toujours pas arrivée. Il sera sûrement trop tard pour qu’on se voie.
Je viens pour 12h30.
Tu veux quelque chose à boire ?
Suis à l’intérieur de la libraire dans l’entrée.
Désolé, mais ce n’est pas dans l’esprit de la maison de nous laisser un jour de cogé. A lundi donc.
Ça te dit pas un ciné ?
Amoureux ?
Penses-tu qu’on pourrait se voir la semaine prochaine ?
Finalement, tu as déjà prévu quelque chose ?
Je peux pas. Demain. T’embrasse.
Ah ouais, berk copain de M !
Oui, j’essaye de venir vers 20h, je dois voir des amis avant, il se peut que j’aie du retard.
N’oublie le costume et le sac. Merci et à demain.
Retard, je pars maintenant.
N’oublie pas le costume.
Pas sûre, je t’appellerai.
Adios et bon picard ! Ah ah ah !
Je suis traumatisée. Je déteste ce mou !
Coucou, je suis dans le bus 62 depuis presque une heure. Problèmes de circulation. Je hais ! Je pense bien à toi.
Pique nique party quai d’Orléans samedi huit heure soyez sémillants pour le coucher de soleil, robes, fleurs et bouteilles.
Ok pour cartons 40/50 cm. Découpes mardi. A demain.
J’ai mes partiels.
Mo je dis tu me plais. Voilà.
J’adore ton pantalon.
Mon pantalon est décousu, si ça continue, on verra le trou de mon…bises ! Moi.
Tu fais quoi ? Moi, je photographie des livres érotiques.
Je viens de lire ton texte. Très bon. 2-3 mini commentaires.
Viens-tu aux RIP cette année ? Quel est le titre de ton livre ? Et à bientôt.
Come stai ?
Je ne peux pas à midi, malheureusement.
A la boulangerie.
Je n’arrive pas à lire ce qu’il y a écrit, c’est trop petit sur mon portable.
Rien de prévu ce soir, on se voit si toi non plus.
Oui c’est sûr… Le matin aussi. À très bientôt j’espère.
Science pipeau.
Suis à la folie en tête !
Si tu le dis. C’est aussi une question de place. Tu n’as pas idée du chantier. Je t’embrasse à demain maybe.
Je vais visiter un appartement dans le nord à 13h30. Tu peux venir si ça t’amuse. Bonne nuit.
Certainement.
19h55 devant Ulm ? Bises.
Miaaaouuuu
Fêtes des pères dimanche. J’espère que tout va bien pour toi.
J’ai un doute, donne-moi le nom de la place.
Toujours ok pour lunch à 13h30 ? RSTP.
Projection du film réalisé par E.Green à partir de mes images à la Femis à 20h30 demain.
Je suis à Odessa et tu as oublié mon anniversaire. Salope.
J’y ai pensé, mais ça ne se peut pas. C’est pas imaginable. Tu es vrai et c’est précieux.
Oui.
Ok pour demain. T’embrasse.
Amoriiiiiiiiii, c’est la foliiiiiiiie ! C’est du déliiiiiiire, iciiiiiiiiiiiii !
Oui. Et ce soir, tu viens ?
Miaouuu.
Papa veut manger avec nous, ok ?
Tu l’aimes toujours mon livre ?
Mon briquet bic bleu saligot.
Avant que je parte, j’aurais aimé discuter avec toi.
Code ?
Dommage de ne pas te voir avant de partir…
Je sympathise avec ta douleur.
Je serai à Nation vers 14h45, tu pars à quelle heure ?
C’est vraiment lourd l’histoire J. !
Y a pas que les films qui sont tristes. Mais à bientôt.
J’ose à peine te proposer de dormir dans ma triste chambre.
Je t’embrasse aussi.
Mais non enfin, je t’appelle plus tard.

Le porrait de Dorian W.

Cher Dorian,

Il faut coûte que coûte réserver l'art de votre portrait au seul grand Oscar W. (il ne s'agit pas d'Oscar Wybot!), et surtout ne jamais abandonner votre imagination à se représenter le regard féminin vous peindre. Ce conseil, ce n'est nullement votre Paris-Terminus qui le formule, mais Jean-Jacques Rousseau. Déjà dans sa pièce de jeunesse, Narcisse ou l'amant de lui-même, où un adolescent, sur le point de se marier, se voyait le sujet ridicule de la farce suivante: sa soeur, pour s'assurer que notre héros ne passerait pas trop de temps à contempler, coquet, son image dans le miroir, et saurait devenir homme à l'approche de ses épousailles, pour lui signaler donc qu'à force de se regarder il devenait femme, décida de lui mettre devant les yeux le portrait de lui-même en femme. L'effet, on s'en doute, fut radical, et notre éphèbe de tomber derechef amoureux de cette femme qu'il ne reconnût pas un instant comme lui-même. Aveugle à la supercherie, il lance chacun à la recherche du précieux modéle du portrait de sa passion, et reporte ses noces. Je ne vous en dis guère plus ici.
Il va de soi que pour notre cher Rousseau, l'homme s'abandonnant à la contemplation de son image, est l'homme qui se châtre - avec cette nuance que pour lui, c'est certes d'un côté le regard féminin qui s'immisçant dans la vision que l'homme a de lui-même introduit une scission dans son être, mais de l'autre, il revient encore aux femmes de ruser pour guérir les hommes de la tentation qui les habiterait (vous me pardonnerez l'expression) de se défaire de ce qui différencie leur sexe. Notez qu'à cet égard, ce ne sont pas tant les femmes qui châtrent les hommes que les hommes qui se châtrent en se représentant eux-mêmes tels que les femmes les voient.
Je ne vous cache pas que ces réflexions, et cette interprétation de Rousseau, tendent à donner au Citoyen genevois une paternité certaine (que ses enfants, bien que certains d'entre eux aient pu se sentir quelque peu délaissés par le grand philosophe, ne contesteront sûrement pas sur le plan spirituel) à la littérature du salutaire Eric Zemmour, dont nous avons abondamment parlé déjà sur ce blog, ici et , entre autres.

Welcome To The Jungle

Spéciale dédicace à Clémentine. Axl s'y connaît pas mal aussi en charmantes attentions.